Question hiérosolymite

S’il est une question hiérosolymite irrésolue (est-ce la seule?) c’est bien celle de savoir où s’aérer avec des enfants sans retomber dans l’insipide square-sable-et-toboggans-toujours-les-mêmes.

Il est vrai que la toute nouvelle mairie de Jérusalem à présenté la semaine dernière un projet d’urbanisation de la ville qui comprend, entre autres utopies européennes,  la création de cinq grands parcs pour une surface totale de 3500 hectares.

En attendant que mes arrières petits-enfants voient de leurs yeux propres ces paradis verts, la réponse évidente à la question qui nous turlupine (pour mémoire: “t’as pas une idée où on peut aller?”) nous ramène toujours et encore au seul parc digne de ce nom,  bel endroit verdoyant où on peut passer deux heures sans avoir la triste impression de tourner en rond entre une poubelle pleine et la voix rapide…

Pour les connaisseurs, comme pour les autres, il s’agit bien sûr du Zoo Biblique de Jérusalem.

Vous avez dit un zoo ?

Un grand espace, pensé et conçu pour le plaisir des visiteurs et le confort des animaux ; encore que le confort des animaux dans un zoo, ça reste très relatif. Des cascades, de la pelouse, des coins ombragés, une ferme pour les enfants où chèvres, poules et lapins se disputent les restes de biscuits oubliés dans les poussettes. Bref, il fait bon sillonner les parcours qui permettent de découvrir un nombre incroyable d’espèces animales, près de deux cent si je ne m’abuse.

Outre le fait qu’il est le premier site touristique d’Israël, le zoo a certaines vocations moins connues que celle qui consiste à vendre le plus d’esquimaux possible à un maximum de palais desséchés. Pour n’en citer que trois :

D’abord, et ce n’est pas la moindre des choses, l’endroit accueille de nombreuses espèces rares et/ou en voie de disparition et participe ainsi à leur sauvegarde: panda roux, tigre du sumatra etc.

Ensuite le Zoo Biblique de Jérusalem a pour espoir de sensibiliser son public aux questions liées à la protection de la nature.

Il mène enfin des projets scientifiques internationaux qui ont pour but de protéger, d’élever et surtout de réintroduire des espèces dans leur milieu naturel. Un de ces projets vise par exemple à repeupler le plateau du Golan de sa population de rapaces.

La raison pour laquelle c’est le rapace qui concentre une grande partie des efforts de réintroduction en milieu naturel est qu’il se trouve à la tête de la chaîne alimentaire dans les régions où il vit. Du haut de cette place à la tête de la chaîne alimentaire, il doit parcourir de très grands espaces afin de trouver assez de nourriture pour lui et sa descendance. L’étendue du milieu naturel est donc un déterminant fondamental de la taille de la population, et toute atteinte aux oiseaux ou à leur nid peut conduire en un temps très court à la diminution, voir à l’extinction, d’une population. Si vous le permettez, je consacrerai un article à part entière aux rapaces, ce sera plus clair.

Rendez-vous de microcosmes

Mais ce n’est pas tout, le zoo biblique de Jérusalem a une volonté affichée de favoriser, par l’intermédiaire des animaux, l’interaction entre communautés ou tout du moins leur rencontre.

Il est ainsi est l’un des seuls sites touristiques du pays qu’arpentent de concert juifs et arabes, religieux et laïques, pour ne citer que deux des nombreuses « fractures sociales » du pays. Thème qui fait déjà l’objet d’un précédent article.

Du coup, il arrive qu’on se prenne à rêver de cages que panda roux et guépard partageraient ou pire encore, que le loup s’étende auprès de l’agneau hurleur qui a piqué le gâteau de mon fils …
Ne vous inquiétez pas c’est un cliché, il n’y a pas de loup au zoo de Jérusalem.

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