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Peu de pays au monde
peuvent prétendre concurrencer l’Etat
d’Israël sur le plan de sa complexité géopolitique et sociale. Si une
certaine image médiatique a tendance à présenter l’Etat d’Israël sous
un jour fondamentalement négatif, l’image que souhaitent véhiculer la
plupart des israéliens de leur vie est celle de la normalité.
Et pourtant Israël n’est pas un pays comme les autres. Il faut chercher
l’origine de l’Etat Juif fondé en 1948 très loin dans
l’Antiquité : avant que le peuple juif ne perde son
indépendance politique et territoriale sous la conquête romaine. La
montée de l’antisémitisme européen depuis le 19è siècle et son apogée
avec la Shoa, imposèrent que l’on trouve une solution aux problèmes des
Juifs, une solution qui ne pouvait être autre que le retour à leur
terre d’origine et la création d’un état.
Les problématiques soulevées à la création de l’Etat Juif demeurent
jusqu'à aujourd’hui au centre du conflit au Moyen-Orient.
Si la population arabe qui habitait le pays accepta dans un premier
temps l’immigration juive, très vite, elle refusa la création d’un Etat
Juif sur ses territoires. Cette opposition allait se transformer en
attaques militaires à l’intensité variable jusqu’à aujourd’hui.
Plusieurs guerres avec ses voisins arabes ont montré qu’Israël possède
les moyens de sa propre défense et des accords de paix ont été signés
avec certains de ces pays. Avec la population arabe habitant dans des
territoires contrôlés par Israël, les Palestiniens, le processus de
paix entamé semble toujours s’éloigner d’avantage de sa réalisation. A
la création de l’Etat, la population arabe vivant dans les frontières
d’Israël a reçu la nationalité israélienne et représente aujourd’hui
20% de la population totale. Ses relations avec l’Etat d’Israël restent
toutefois compliquées.
La population juive, qui représente environ 80% de la population totale
d’Israël, est elle aussi fractionnée en une multitude de sous-groupes
aux intérêts souvent antinomiques. Religieux et laïcs, ultra-orthodoxes
opposés à toute forme d’Etat, partisans du principe « des
territoires contre la paix », opposants au même principe,
immigrants, israéliens de naissance, juifs européens, juifs orientaux,
etc. La population juive de l’Etat d’Israël a pour origine plus d’une
centaines de pays différents !
A ces deux populations majoritaires il faut aussi ajouter une multitude
de minorités ethniques dont les principales sont les Druzes, les
Tcherkesses et les Bédouins.
Malgré la menace persistante sur son existence, cette mosaïque sociale
constitue la seule démocratie du Moyen-Orient. Une démocratie vivante,
très pluraliste, et qui reste stable malgré les divergences extrêmes de
points de vue politiques. La Knesset en est l’unique chambre
parlementaire, elle est élue au vote proportionnel, ce qui oblige à de
perpétuelles formations de coalition pour obtenir la majorité. Une
démocratie comparable à un carrosse qu’un grand nombre de chevaux
tirerait en même temps dans toutes les directions et qui par conséquent
ne pourrait avancer d’un millimètre…
Le niveau de vie moyen des Israéliens est relativement comparable à celui
des Espagnols ou des Italiens, avec toutefois des divergences majeures
qui touchent toute la population, juifs ou arabes.
Le Produit Intérieur Brut par habitant (environ 25 000$ en 2006)
atteint des valeurs semblables aux valeurs occidentales.
L'un des moteurs de l'économie israélienne est la technologie
de pointe, avec d’un côté la création récente de milliers d'entreprises
innovantes et de l'autre l'installation de centres de recherche et de
développement de groupes leaders dans le domaine du logiciel (Google,
Microsoft) ou de l'équipement (Motorola, Siemens, Intel). L’industrie
chimique, l’industrie du diamant, l’électronique, la biotechnologie,
l’équipement militaire ainsi que le tourisme sont d’autres secteurs
forts de l’économie israélienne.
Cette alliance très complexe de réalisations et de problématiques en
tous genres, fait de l’Etat d’Israël, selon l’historien israélien Tom
Segev « une expérience qui n’a pas échoué, mais pas encore
réussi ». Pour Ephraïm Kishon qui porte un regard plein
d’humour sur la création de l’Etat d’Israël et sur ses difficultés
existentielles sans fin, l’Etat d’Israël est « sans aucun
doute une des plus grandes merveilles du 20è siècle ».
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